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26/11/2018 - Novy

La déforestation à la Réunion

17ème siècle : début de l'occupation de l'île Bourbon - destruction de la végétation littorale
Les premiers colons débarqués à Saint Paul au milieu du 17ème siècle, sont d'origine malgache. Déjà familiarisés avec la végétation insulaire tropicale ils construisent des boucans (huttes sommaires). Les murs sont réalisés avec les branches droites du benjoin ou les troncs du latanier rouge dont ils utilisent les larges feuilles pour couvrir les toits (photo 1 - source : chauviere.sitego.fr/ gravures-anciennes-de-l-ile-de-la-reunion.html). La nature leur offre une nourriture abondante : la chasse est facile, car les animaux indigènes comme les tortues terrestres et les oiseaux (tourterelles, ibis, canards, oies, perroquets, dodo) sont peu craintifs. La cueillette de végétaux en forêt (palmiste, pomme latanier...) complète leur repas quotidien. Quelques années plus tard, il ajouteront à leur menu les cabris, porcs et boeufs lâchés auparavant et qui se sont multipliés en toute liberté. Ils commenceront à défricher la forêt littorale pour y cultiver du maïs, du manioc, du tabac et du coton. En 1664 fut fondé la compagnie des Indes orientale. L'île Bourbon assurera le ravitaillement de ses navires en eau, légumes et viande de tortues terrestres (Cylindraspis borbonica). Ces animaux fournissaient de la viande fraîche aux marins, car elles pouvaient être maintenues vivantes plus de 3 mois dans les cales des bateaux.

18ème siècle : la grande période du café - destruction de la forêt des bas (0-300m)

Très prisé en Europe à la fin du 17ème siècle, le
café est acheté fort cher en Arabie. Le café marron (coffea mauritiana), espèce endémique de la Réunion mais dont les graines sont dépourvues en caféine, augure une bonne acclimatation pour les 6 plants de Moka rapportés sur l'île en 1715 et plantés à Saint Paul. La compagnies des Indes organise alors la production, l'achat de graines, construit des greniers et des routes et offre des concessions gratuites à tout colon âgé entre 15 et 60 ans à condition qu'il plante et entretienne 100 plants de café. Les plantations vont rapidement s'étendre vers Saint Leu et le Tampon au détriment de la forêt primaire des bas. C'est le début de l'esclavage en réponse à un important besoin de main d’œuvre (photo 2 - récolte de café - source : aigrsc.free.fr/ malbars_tamouls_ile_reunion.htm). Ce ne seront pas moins de 1500 esclaves Africains, Indiens et Malgache qui seront débarqués annuellement sur l'île. Entre 1725 et 1740 le café devient source de richesse pour Bourbon. En 1744 la production de café culmine à 1,2 tonnes.

Fin 18ème siècle : la période des épices - introduction des plantes exotiques

En 1764 le roi Louis XV rachète l'île Bourbon à la Compagnie des Indes après la faillite de cette dernière. Sur le plan économique, L'île entre, pendant 30 ans, dans une période très faste avec l'exportation du café mais aussi des épices (girofle, muscade,
poivre, cannelle, thé...) introduites par Le gouverneur Pierre Poivre (photo 3 - source : wikipedia). Ce dernier brise le monopole du commerce des épices tenu par les Hollandais. L'action de Pierre Poivre a en outre considérablement enrichi et diversifié la flore de l'île. Il y introduit entre autre le letchi, l’anis étoilé, l’avocatier du Brésil, le manguier, le mangoustan, le cacaoyer... Mais au début du 19ème siècle, des catastrophes naturelles exceptionnelles (cyclones et avalasses) ravagent les cultures de café et de giroflier. De plus la concurrence des Antilles, et l'apparition de maladie (rouille défoliatrice) précipite l'abandon du café.

19ème siècle : avènement de la canne à sucre - destruction de la forêt de moyenne altitude (300-900m)

Introduite dès le 17ème siècle à la Réunion pour la préparation de boisson alcoolisées, la
canne à sucre reste une culture familiale jusqu'en 1767. Après la Révolution française la France manque de sucre. En effet la production de betterave sucrière est insuffisante et la France perd Saint Domingue et l'île Maurice. Les débouchés en métropole s'accroissant considérablement, les exploitants se tournent vers cette nouvelle culture. En 1815 on défriche la forêt située entre 300 et 900m d'altitude pour y cultiver la canne (photo 4 - chargement de canne - source : dometgigi974-page15). En 1830 on compte 190 moulins à vent, à eau ou à vapeur qui permettent d'extraire le jus des cannes. La canne a envahi toutes les bonnes terres, remplaçants même les cultures vivrières. Cette période coïncide à la fin de l’esclavagisme et au début de l'engagisme (ou servilisme). En 1860 l'île produit 70 000 tonnes de sucre, un record pour l'époque, mais la période de la prospérité est de courte durée. Les petits exploitants sont rapidement dépassés par les investissements à engager, et la production se concentre dans les mains de quelques grands propriétaires. Des épidémies de choléra et le paludisme déciment les ouvriers. Le Borer, un papillon dont la chenille attaque la moelle des cannes, et la concurrence avec d'autres pays producteurs frappe durement l'économie locale. En 1880 la production de sucre chute à 27 000 tonnes.

20ème siècle : le géranium à la conquête des Hauts - destruction de la forêt d'altitude (900-1500m)

la culture du
géranium rosat paraît prometteuse. Les premiers essais de distillation réalisés en 1872 à la plaine des palmistes sont encourageants. Dès 1900 les Hauts sont pris d'assaut, le défrichage avance rapidement. Le géranium gagne du terrain sur la forêt du Tampon, de l'Entre deux et de l'Ouest (entre le Tévelave et le Bernica). C'est une économie familiale pour les petits propriétaires ou les colons. Le paysage des Hauts s'anime avec de nombreux alambics généralement situés au milieu des champs, non loin d'une ravine pour l'eau (photo 5). Quand ces alambics fonctionnent, tout l’environnement est parfumé par le géranium. L'huile essentielle ainsi récoltée est réputée pour être un excellent fixateur de parfum. On y distillera également le vétiver et l'eucalyptus.

21ème siècle : vers la préservation des espèces indigènes et endémiques de l'île

Créé en 2007, le
Parc National de La Réunion couvre 42% de la surface de l’île, et a pour principaux objectifs la protection de la biodiversité et de l’endémisme de La Réunion, et la valorisation des hauts de l’île. D'autres projets voient le jour : en 2009-2020 c'est le projet Life + Corexerun dont l'objectif est de sauver la forêt semi sèche de la Grande Chaloupe (photo 6 - source : lifecorexerun.fr).

sources : Mascarin jardin botanique; wikipédia; T. Vanhoutte; projet life+corexerun

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